Johanne GOMIS : Capitaine au long cours

12 novembre 2018

L’emblématique capitaine des Guerrières a gentiment répondu à nos questions, quelques minutes après un entrainement. Nous avons recueilli ses propos et ses visions sur la saison en cours.

ESBVA Com’: Jo’, bonjour ! C’est ta 6ème saison chez les Guerrières, est-il encore besoin de te présenter ? Tu es une joueuse pilier du club et ton capitanat a encore renforcé la place que tu tiens au sein du collectif. Du coup, pour commencer, j’ai juste envie de te demander comment s’est passée la reprise ?

Jo GOMIS: La reprise s’est très bien passée. On a appris à se connaître entre filles, et avec les « anciennes » on intègre les nouvelles qui rejoignent l’aventure villeneuvoise cette année. Les entrainements ont été durs, mais c’est normal, il a fallu se remettre dans le rythme après la coupure de l’été et des vacances ! Surtout quand on a pu bénéficier de presque 3 mois de break ! Ça fait du bien, surtout après ma blessure de fin de saison dernière. J’ai pu prendre le temps nécessaire à sa guérison et me revoilà motivée comme jamais !

E.C’: Tu parles d’intégration des nouvelles joueuses. A titre de capitaine, as-tu un rôle particulier sur le parquet ? Voire même en dehors du terrain ?

JG : Être capitaine, c’est sûr, ça donne des responsabilités. Tu te dois d’être présente, exemplaire, assumer le leadership, pas forcément par la voix et la parole mais surtout par le comportement que tu adoptes pendant les matches, à l’entrainement. Tu dois aussi aider l’équipe à construire sa cohésion interne. Ça peut aussi passer par des moments de convivialité hors du terrain, hors basket !

Pour moi, être capitaine, c’est aussi être présente pour mes coéquipières quand elles le demandent.

E.C’: Sur ce point précis, as-tu des modèle de capitaine qui t’inspirent ?

JG : J’ai eu la chance de croiser deux grandes capitaines d’équipe. D’abord, Audrey SAURET, quand je débutais à l’USVO. Et ensuite, Ann WAUTERS, à Villeneuve lors de notre victoire en Eurocup en 2015. Ce sont très clairement des modèles. Quand tu joues aux côtés de basketteuses de ce niveau, tu apprends beaucoup, tant sur le plan basket que dans le domaine de la conduite d’équipe. L’écoute, les encouragements, la volonté de ne rien lâcher, l’envie d’aller toujours plus loin, c’est ça que t’apprennent des grandes capitaines. Et c’est que j’essaye, avec mes qualités et mes défauts, de transmettre à mes coéquipières.

E.C’: Tu as cité Ann WAUTERS. L’associes-tu à ton meilleur souvenir basket ?

JG : Bien sûr ! Ma saison la plus aboutie est celle de la victoire en Eurocup en 2015, avec Ann comme capitaine. Au-delà du groupe de Guerrières géniales et généreuses qu’on avait cette année-là, c’est l’environnement, la cohésion entre nous, le plaisir de se retrouver ensemble qui m’ont marquée. C’était bien plus que le partage d’un sport sur un terrain. Et Ann a contribué, en grande partie, à créer cette osmose, qui nous a tenu jusqu’au titre européen.

Vraiment, cela reste mon plus beau souvenir !

E.C’: Ann est une joueuse qui a eu une carrière longue. Et toi, de ton côté, comment fais-tu pour durer et rester aussi longtemps au plus haut niveau ?

JG : Je crois avant tout que c’est génétique (rires) ! Bon, y a pas que ça ! Je fais aussi très attention à mon hygiène de vie. Je ne mange pas n’importe quoi, je suis raisonnable. Je veille aussi à préserver mes heures de sommeil. Je suis une grosse dormeuse ! C’est primordial pour moi ! Et puis, je m’entraine régulièrement et avec sérieux, pour garder la forme et éviter les blessures.

E.C’: Concernant les premiers matches de l’équipe (au moment de l’entretien, deux matches amicaux avaient été joués – NDLR), quelles sont les premiers enseignements qu’on peut en tirer ?

JG : Aucun ! Il faut toujours être très prudent sur les rencontres d’avant-saison. D’abord, tu joues face à des équipes qui ne sont pas forcément entièrement constituées. Ensuite, ta propre équipe n’est pas rôdée ou pas au complet. J’ai l’habitude de dire que les matches amicaux donnent une fausse idée du niveau de telle ou telle équipe. L’intérêt de ces rencontres est de pouvoir se confronter à d’autres filles que ta propre équipe, en mode entrainement. Ça nous permet aussi de retrouver le rythme et de nous engager progressivement vers le niveau qui doit être le nôtre au démarrage de la saison.

La présaison, c’est parvenir à être au top au moment de l’ouverture des compétitions officielles. Pas avant, pas après non plus ! Juste être dans le bon tempo !

Ceci dit, c’est vrai que quand tu gagnes quelques rencontres en amical, c’est bon pour le moral et ça te met dans d’encore meilleures dispositions pour poursuivre la préparation.

E.C’: Puisqu’on évoque la saison, quelles sont tes ambitions personnelles et les objectifs que tu te fixes avec l’équipe ?

JG : Au-delà de mes ambitions personnelles, c’est celles de l’équipe qui importent. Aujourd’hui, on a une équipe constituée de joueuses d’expérience, habituées aux rencontres couperets, des joueuses qui allient technique et rapidité, physique et sens du jeu. Ce sont tous les ingrédients pour réussir un bon cocktail ! A nous d’être présentes, de prendre les matches les uns après les autres, pour réaliser une bonne saison.

Sur ce plan là, une bonne saison, c’est le Top 4 et un titre en fin de saison !

E.C’: Que faut-il te souhaiter pour cette saison 2018/2019 ?

JG : un titre avec les filles !

E.C’: Une dernière question, Jo. Quels conseils donnerais-tu à une jeune joueuse qui veut se lancer dans le basket professionnel ?

JG : De bien s’entourer, écouter les conseils et de travailler ! Travailler et encore travailler ! Même si tu as du talent, la réussite d’une carrière, c’est d’abord le travail. Le talent n’est rien sans cela.

E.C’: Merci Jo pour cet échange ! A très bientôt sur les parquets !

 

PORTRAIT CHINOIS : Jo, si tu étais…

Un animal : un chien… (je les adore !)

Un sport : le volley (si je n’avais pas fait du basket !), que j’ai découvert sur le tard…

Un lieu : Lille !

Une plante : une orchidée… même si je n’arrive pas à les conserver (rires) ! Des tulipes, c’est bien aussi et je les conserve mieux !

Un plat : un plat sans gluten (j’y suis allergique), sénégalais.

Une chanson : en ce moment… « Ramenez la coupe à la maison » de Vegedream

Un moment de la journée : le soir !

FOCUS :

Cap’tain Jo’ a un palmarès des plus fournis et une carrière exemplaire de longévité. Elle a ainsi intégré le Centre de formation de l’USVO en 2000, club où elle est passée professionnelle. Elle a ensuite fréquenté Valenciennes (celui de la grande époque !), Nice, Challes-les-Eaux, Arras, Nantes-Rezé et, enfin, Villeneuve où son public de feu a aussi beaucoup joué dans sa décision de poursuivre un bail aussi long avec le club.

Son palmarès en club est impressionnant : vainqueur de l'Open LFB en 2003, vice-championne d'Europe des clubs en 2003, vainqueur de l’Euroligue en 2004, vainqueur de la Coupe de France en 2004, vainqueur du Tournoi de la Fédération en 2004 et 2005, championne de France 2004, 2005 et 2017 (souvenez-vous !!), vainqueur de l'Eurocup 2015 (on y était, non ?), finaliste de l'Eurocup en 2016.

Côté équipe de France, Jo’ a été championne d'Europe U20 ans en 2005.

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