Jo Gomis : "Je reste positive"

28 août 2019

Revenons rapidement sur la saison dernière. Comment l’as-tu vécue ?

Ç'a été la saison la plus compliquée de ma carrière, à la fois sur le plan mental et physique. C’était compliqué de sortir la tête de l’eau du début à la fin. Tout le monde sait que ça s’est mal passé. Je l’ai très mal vécue et j’ai sincèrement mis un bon moment à m’en remettre. Honnêtement, j’avais du mal à me remettre à cette interview, notamment à cause de cette première question parce que j’ai envie de tourner la page et je n’ai plus envie de m’y replonger.

 

Qu’est-ce qu’une saison si compliquée t’a appris pour l’avenir ?

Il est toujours important de tirer des enseignements et des leçons du passé. C’est beaucoup trop facile et je pense que ce n’est pas la caractéristique d’un sportif de haut de ne tirer des leçons que quand ça fonctionne ou quand on soulève un trophée. Soit on gagne, soit on apprend (citation de Nelson Mandela). J’ai appris beaucoup sur moi-même, sur l’équipe et ses rouages : ce qu’il faut mettre en œuvre pour former un groupe et former une équipe qui gagne. On sortait d’une saison 2017-2018 compliquée aussi mais on a fini dans le Top 4 et on a rempli les objectifs du club sans avoir vraiment brillé même si la coupe de France nous passe encore en travers. On était donc parties sereines en se disant qu’on avait une bonne équipe et que ça allait marcher mais au final, ça n’a pas fonctionné. Je pense que la manière dont j’ai vécu cette saison, tout le monde l’a vécu de la même manière. Ça n’a été facile pour personne, que ce soit les joueuses mais aussi le staff, les dirigeants, notre Président. Le premier enseignement que l’on doit tirer de cette saison-là, c’est qu’il ne faut plus que ça arrive. Il y a beaucoup de choses qu’on maîtrisait et beaucoup de choses qu’on ne maîtrisait pas et même parmi celles qu’on pensait maîtriser, on n’y arrivait pas donc c’est compliqué mais il va falloir faire les choses différemment, c’est aussi la volonté du club. On voit bien que cette année, le club est en marche donc j’espère qu’on aura appris de l’année dernière et que c’est ce qui va nous emmener loin cette année.

 

En parlant d’avenir, comment vois-tu la saison qui arrive ?

A ce jour (interview réalisée le 26 août), je suis positive et confiante pour l’avenir. Tout le monde est content d’être là, a envie d’être là. Une saison aussi catastrophique que la précédente permet aux anciennes comme aux nouvelles joueuses d’avoir de nouveaux challenges et d’arrivées reboostées, motivées. On a été dans une spirale tellement négative la saison dernière que maintenant, on est positives et on a raison de l’être : tout est fait pour ça. J’ai hâte que les choses se mettent en place, que nous les filles, on apprenne à jouer ensemble, que la nouvelle saison se lance, que Rachid prenne ses marques avec nous. J’étais donc contente d’aller à l’entraînement ce matin et j’ai hâte que ça démarre !

 

Une saison sans coupe d’Europe, est-ce que tu la vois comme une frustration ou une manière de mieux préparer le match du week-end ?

Je la vois vraiment comme une frustration. Pour moi, c’est compliqué parce que ça fait 16 ou 17 ans que je joue une coupe d’Europe, peu importe laquelle. J’ai du mal à me dire qu’effectivement, il n’y en aura pas. Ça apporte beaucoup de choses. C’est vrai que ça apporte de la fatigue aussi mais c’est surtout un autre rythme en jouant 2 matchs par semaine, se confronter aux meilleures équipes d’Europe en milieu de semaine, ça permet d’aborder le match du samedi un peu plus sereine et forte avec ce qu’on a acquis en Eurocoupe ou en Euroligue. Ça permet d’apporter une autre intensité au championnat de France parce qu’on sait que notre championnat est très relevé. C’est donc une frustration aussi bien pour les joueuses que pour le coach, les institutionnels mais aussi notre Président. Villeneuve d’Ascq est un club qui s’est toujours inscrit dans le haut de tableau donc c’est une frustration que l’on a envie de très vite gérer, très vite oublier. Le championnat de France nous permettra ainsi de ramener la coupe d’Europe à Villeneuve. Je reste positive sur le chemin qu’on a à parcourir cette saison mais en regardant les copines jouer le mercredi ou le jeudi, j’aurai quand même la boule au ventre.

 

En tant que capitaine, comment fais-tu pour faire en sorte que tes nouvelles coéquipières, qu’elles soient jeunes comme Zoé ou plus expérimentées comme K. B., s’intègrent le plus rapidement possible au groupe ?

On va les aider, que ce soit les anciennes ou moi parce que ça fait partie de mon boulot, pour qu’elles se sentent bienvenues, bien dans l’équipe. Je pense que c’est aussi leur volonté. Il faut avoir envie de s’intégrer au groupe, d’évoluer dans un groupe qui vit bien. Je connaissais déjà K. B., je ne me fais pas de souci, j’ai rencontré Zoé ce matin et je ne m’en fais pas non plus. Il faut aussi des moments à nous, où l’on peut être ensemble et pas forcément ne parler que de basket. Il faut une cohésion sur le terrain, notamment à l’entraînement, et en dehors. Le fait de ne pas avoir de coupe d’Europe, ça permettra d’avoir davantage de temps libre, faire autre chose. Mais je reste persuadée que s’intégrer dans une équipe, ça doit être dans les 2 sens. L’ossature de l’équipe doit aussi intégrer les nouvelles. Toutes les joueuses sont importantes. Je suis sûre que Rachid et son staff ont fait des bons choix dans les joueuses qui ont été recrutées, il faut que chacune se sente à sa place. Concrètement, ça va passer par une petite tape sur les fesses quand on est un peu en dedans ou encourager dans les moments difficiles. Il faut aussi faire en sorte que ça ne soit pas un individu dans un groupe mais vraiment une équipe.

 

Quel message voudrais-tu faire passer aux supporters de l’ESBVA-LM ?

C’est quelque chose que je leur ai déjà dit mais je pense que c’est LE message le plus important. Ça fait 7 ans que je suis au club. J’y ai vécu de très belles saisons. On a toujours pu compter sur les supporters qui étaient toujours là, vaillants, solidaires et toujours derrière nous. On a eu de des saisons plus compliquées comme la dernière et on a toujours pu compter sur leur soutien. A plusieurs reprises, on leur a donné le bâton pour se faire battre et on leur a aussi apporté de la joie par moment : leur soutien a toujours été le même. Le premier message que j’ai envie de leur dire c’est MERCI parce que je ne sais pas comment on aurait fait s’ils n’avaient pas été là. Ils ont réussi à tenir malgré la saison compliquée que l’on a vécue, ils étaient là du premier au dernier match donc c’est un vrai message du cœur. C’est primordial de les remercier pour ce qu’ils font pour nous. On les attend pour être encore une fois solidaires et continuer à se battre avec nous, on a besoin d’eux ! Il y a un noyau de gens que l’on connait par cœur et qui ont toujours été derrière nous. J’ai donc hâte de les retrouver et je les remercie !

Partenaires officiels