"C’est une grande fierté pour moi, d’avoir été le président de cette merveilleuse association"

05 décembre 2020

Comment parler des Z'Hurlants sans évoquer Bertrand BARRE ? Figure emblématique de ce groupe de supporters fidèle aux Guerrières, il a décidé de prendre du recul il y a quelques mois. Contacté par téléphone, il a accepté de répondre à nos questions :

 

Tout d’abord, je tiens à remercier le club pour cette interview qui fait suite à mon départ, la presse régionale m’avait contacté mais je n’ai pas donné suite, je voulais m’exprimer en premier lieu avec le club.

Il y a quelques mois, tu as décidé de quitter notre région. Comment se passe ta nouvelle vie ?

Pour commencer, je voudrais donner le pourquoi du départ car beaucoup se pose la question. Il y a 2 raisons principales : Etant retraité depuis plus de 2 ans maintenant et après le décès de mon épouse, je ne me voyais pas rester chez moi, seul, dans une maison de ville. Chaque matin tu dois te lever en ayant un but et ne pas rester inactif et en restant en ville, je ne voyais pas ce que je pouvais faire. Ensuite, à chaque début de saison, nous faisons le point avec le manager. Notre volonté commune était de renforcer le groupe des Z’hurlants en trouvant des musiciens supplémentaires. Mais, pas facile, car la quantité ne fait pas forcément la qualité, les Z’hurlants sont avant tout des supporters musiciens, il faut avoir la fibre basket, l’amour du club et de la musique. Nous jouons une musique instinctive basée sur le rythme et les actions du match, sans partitions, rien n’est défini à l’avance. Il faut rappeler que c’est du bénévolat, j’ai eu des appels de musiciens qui demandaient le cachet pour une prestation lors des matchs. Pour revenir à la question, je me sens bien et je suis heureux dans ma nouvelle vie. J’ai trouvé une fermette sur un terrain de 3 500 m2 avec un verger, un potager, un étang, de quoi m’occuper toute l’année entre les confitures, les stérilisations de légumes, le jus de pomme, il y a de quoi faire.

Faisons un bond en arrière ! Pour celles et ceux qui ne connaissent pas cette belle histoire, peux-tu nous expliquer comment tu es devenu trompettiste de Z’hurlants et leur Président ?

J’étais trompettiste de l’USVO et Marc Silvert qui était le coach de l’USVO à l’époque est arrivé à l’ESBVA-LM en 2002. Il m’a contacté et m’a demandé de venir animer les matchs et de monter un KOP comme à l’USVO donc j’ai répondu « banco » et c’est comme ça que je suis arrivé au club. J’ai remplacé Jean-Marie Lemaire qui était régisseur du Palacium, c’est lui qui m’a demandé de prendre le poste de Président en 2006. A l’époque, le groupe s’appelait « les Hurlants ». Quand je suis arrivé, il y avait Jean-Marie à la batterie et deux gars tapaient sur des tonneaux, le groupe s’est monté petit à petit.

Quels sont tes meilleurs souvenirs au sein de cet emblématique groupe de supporters, connu partout en France ?

Il y a énormément de souvenirs qui repassent dans la tête : les nombreux déplacements partout en France comme à l’étranger (Venise, Parme, Schio, Naples, Rhondda au Pays de Galles, Györ), les titres (2015 Eurocoupe, 2017 championnat de France) et 2014 avec la finale de Coupe de France. Le plus marquant pour moi, c’est l’hommage rendu à mon épouse Jeannie par toute la famille du basket villeneuvois lors du match d’Eurocoupe et l’hommage aussi rendu par les supporters des Flammes Carolo lors du déplacement que nous avons fait chez eux, ils sont tous venus spontanément dans notre tribune pour la minute d’applaudissement.

Au fil des années, qu’est-ce qui a été fait pour que, justement, vous obteniez une telle aura ?

Nous avons toujours véhiculé une image basée sur le respect, le fair-play, le plus aussi c’est d’être reconnu pour l’ambiance et les musiques jouées durant les matchs. Grâce au groupe, nous étions toujours en évolution avec, par exemple, la création des « Girl’z », les petites pom-pom-girls. La création également d’une Guerrière, une géante pensée et réalisée par Cédric et Philippe.

Durant tout ce temps, quelles ont été les joueuses qui t’ont le plus marqué ?

Alors des joueuses marquantes, il y en a eu beaucoup, donc en commençant par les plus anciennes, il y a eu « Mama » Dantas, une brésilienne qui m’avait demandé de jouer des sambas pendant les matchs et en quittant le club, elle est venue vers moi pour me remettre son maillot en signe de remerciements. On a aussi eu des joueuses emblématiques comme Kathy Wambé (meneuse belge), Bénédicte Fombonne avec qui nous échangions beaucoup après les matchs. Géraldine Robert aussi qui après une pige à Strasbourg m’a appelé pour m’annoncer sa signature à Villeneuve d’Ascq. Plus récemment, il y a eu Emma Meesseman, Megan Mahoney, Stella Kaltsidou, Fatimatou Sacko, Laëtitia Kamba, Virginie Brémont, Mame Sy-Diop, Christelle Diallo, Aby Gaye, Marielle Amant, Olivia Epoupa et bien sûr, notre emblématique capitaine Jo Gomis. Toutes ces joueuses, ont su avoir ce petit plus avec les supporters et la reconnaissance envers les encouragements pour elles. J’associe aussi Ljuba qu’on a eu comme joueuse et coach adjointe et Fred Dusart.

Qu’as-tu pensé de l’appellation « Allée (ou Allez) des Z’hurlants » qui sera le nom donné au Grand Hall d’accueil pour le public dans le nouveau PALACIUM. T’y vois tu y jouer un morceau de trompettes lors d’une de tes venues ?

Le fait de donner le nom des Z’hurlants, c’est une très belle reconnaissance. Y jouer à nouveau un morceau de trompette, ça me parait, à l’heure actuelle, compliqué puisque ma trompette est restée muette depuis le dernier match au Palacium contre Bourges.

Dans cette Allée des Z’hurlants, il devrait y avoir également une fresque avec les Guerrières For Ever, qu’en penses-tu ?

Beaucoup de joueuses ont marquées le club, c’est une excellente nouvelle et une excellente initiative de les mettre en valeur avec une fresque. J’ai également un grand « MERCI » à donner au club d’y avoir associé Jeannie, mon épouse décédée comme 12ème Guerrière.

Peux-tu nous dire comment tu as préparé la suite avec les autres musiciens des Z’hurlants ?

Pour la suite avec les autres musiciens des Z’hurlants, ça a été compliqué avec le confinement qui est arrivé en cours de saison, cette crise sanitaire et l’arrêt des compétitions. J’avais annoncé au club que la saison 2019/2020 était ma dernière année et malheureusement, elle s’est terminée beaucoup trop tôt.

On imagine que tu continues tout de même à suivre le parcours des Guerrières. Même si, malheureusement, elles n’ont pas pu disputer beaucoup de matches pour l’instant cette saison à cause de la crise sanitaire, comment juges-tu l’équipe 2020-2021 ?

C’est toujours bien d’avoir un avis extérieur, moi j’ai un œil de fan invétéré en étant dans la tribune mais en ayant maintenant un œil extérieur, je continue à les suivre à distance. Pour moi le début de saison a été un peu chaotique, c’est une nouvelle équipe, en reconstruction, il y a eu quelques frayeurs sur certaines fins de match. Pour moi l’équipe est construite pour jouer les premiers rôles. La chose importante que je n’ai, pour l’instant, pas retrouvé, le petit plus qui ferait la différence pour moi, serait de voir sur le terrain une équipe de « copines », comme en 2015 et en 2017, l’année des titres où chacune des joueuses tiraient l’autre vers le haut.

Récemment, c’est notre ami Pascal ROGER qui a été élu pour te succéder à la tête des Z’hurlants. Quel(s) conseil(s) lui as-tu donnés ?

C’est surtout un petit message que je voudrais passer à Pascal parce que les conseilleurs ne sont pas toujours les payeurs selon l’expression. Pour moi, Pascal a la stature pour le poste de Président, il a surtout une bonne connaissance du fonctionnement de l’association. Il doit s’appuyer sur les forces vives de cette association et sur son nouveau bureau. Maintenant, c’est à lui de fédérer autour de nouveaux projets afin de fidéliser un maximum de monde.

Pour conclure, as-tu un message pour l’ensemble des joueuses et des coaches que tu as pu croiser, et pour les Z’hurlants ?

Pour conclure, un petit message aux joueuses de cette équipe et au staff : « Ensembles, solidaires, soudées pour gagner ». Le message au Z’hurlants reprends la même chose : « Ensembles, solidaires, soudées et unis pour votre équipe ». C’est une grande fierté pour moi, d’avoir été le président de cette merveilleuse association. Prenez soins de vous et protégez-vous.

 

L'ensemble de l'équipe de l'ESBVA-LM remercie Bertrand pour sa disponibilité et pour son investissement. A bientôt dans le nouveau Palacium !

 

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