Carmelo SCARNA : "Continuons de travailler avec détermination"

06 janvier 2020

Qu’est-ce qui a fait que l’ESBVA-LM n’a pas continué d’évoluer après son titre LFB en 2017 ?

D’abord, nous avons dû faire face au départ de joueuses cadres, qui plus est sans indemnité. Je pense aux internationales françaises Olivia EPOUPA et Valériane AYAYI (désormais VUKOSAVLJEVIC puisqu’elle s’est mariée), mais aussi Alina IAGUPOVA qui avait été impressionnante ou encore Kamila STEPANOVA. Malgré le fait d’avoir remporté un titre, elles n’ont pas voulu rester, aussi surprenant que ce soit….

Ensuite, les choix de recrutement avec quand même des moyens convenables n’ont pas été concluants et ont impacté le club. On n’a jamais trouvé le bon équilibre entre joueuses confirmées et joueuses prometteuses.

De plus, nous avons dû faire face à des difficultés liées à des ruptures de contrat prématurées et des passages devant les Prud’hommes (pour Aminata KONATE et Djéné DIAWARA), qui ont coûtés cher ! Par ailleurs, nous avons versé des primes de titre assez élevées et augmenté les salaires de joueuses en place avec une inflation importante due à l’attractivité de la LFB qui, comme chacun sait, est l’une des ligues les plus fortes d’Europe. Et ensuite, nous avons eu comme tous les clubs de ligue féminine un contrôle de l’URSSAF.

 

 La séparation avec Fred Dusart : « J’ai toujours cru en Fred DUSART »

Je suis fier de lui avoir donné sa chance. J’ai toujours cru en lui. Lui proposer de devenir n°1 n’était pas qu’une question de montant de salaire ou de faible montant de salaire...

Je lui avais d’ailleurs mis en place une structure lui permettant de mieux aborder le passage d’assistant coach à coach : consultant extérieur pour les joueuses au niveau mental, consultant extérieur pour lui, un staff sportif, physique et médical à la hauteur à ses côtés. Il était, depuis qu’il était passé à plein temps, responsable de l’équipe première et aussi du Centre de Formation.

La saison dernière, il nous a dit rapidement, après le match perdu à domicile contre Saint-Amand (en décembre 2018) qu’il ne souhaitait pas faire une saison supplémentaire et qu’il souhaiterait reprendre un poste de professeur. La fin de saison a été longue. Les matchs retour ont été catastrophiques. Il nous « suffisait » de gagner un seul match sur 5 dont 3 avaient lieu à domicile pour faire les play-offs voire même pouvoir perdre les 5.

Mais il ne fallait pas perdre à domicile contre Tarbes de plus de 16 points pour éviter les play downs. Chose qu’on n’a pas réussi à éviter. On a donc décidé d’aborder les play downs dans une autre configuration et de créer un électrochoc. On aurait voulu terminer cette belle aventure différemment, même si ça n’enlève en rien au beau parcours qu’on a eu ensemble.

Nous l’avons mis à l’honneur lors d’un match de gala organisé en pré-saison. C’était mérité, on l’a d’ailleurs fait également avec les ex-joueuses de l’ESBVA-LM qu’on a rencontré depuis le début de saison. Il est important de savoir cultiver l’histoire du club avec ceux qui l’ont écrite. On doit continuer à le faire.

 

Crédit photo : ESBVA-LM

 

Le point sur les finances….

Le fond de réserve exigé par la FFBB en cas de coup dur doit être à hauteur de 10% du budget. Ce fond de réserve a été utilisé pour faire face aux difficultés évoquées préalablement.

Le contrôle de gestion nous a demandé de le reconstituer en totalité : deux tiers reconstitués la saison dernière et cette saison le dernier tiers mais la blessure de Kariata DIABY (23 ans) fait que pour cette saison c’est un véritable problème.

 

…et sur les blessées

Sportivement, on avait signé Kariata très tôt, début 2019 avant qu’elle se révèle comme elle s’est révélée c’est-à-dire une joueuse intérieure dominante de la LFB (meilleure scoreuse avec 16,2 points et meilleure rebondeuse avec 7 rebonds de moyenne). Elle devait être une joueuse majeure de notre équipe, elle le sera pour notre projet dans les saisons à venir.

Humainement parce que sa personnalité nous a convaincu qu’elle partageait les valeurs de l’ESBVA-LM, et qu’elle allait s’y épanouir, on ne s’est pas trompé.

Financièrement parce que sa blessure s’est déroulée en sélection de Côte d’Ivoire, que depuis, la Fédération Ivoirienne n’assume rien. C’est inacceptable et très lourd pour nous. Nous avons sollicité la Fédération Française pour son aide, qui a elle-même sollicité officiellement la FIBA Afrique, la FIBA monde à ce sujet et également le cabinet de la Ministre des Sports pour faire réagir si ce n’est la Fédération Ivoirienne, tout du moins le Ministère des Sports ivoirien. Nous attendons un retour, nous ne lâcherons pas.

Son remplacement est, de ce fait, forcément financièrement très très limité. On a pris en urgence et au débotté Rachel HOLIVAY qui, dès qu’elle a compris qu’elle n’allait pas être conservée, a signé en Hongrie et a complètement lâché l’équipe sur ses derniers matchs.

Pour janvier, on avait ciblé plusieurs joueuses majeures mais les contraintes financières ne nous ont pas permis de les prendre. On s’est décidé alors de tenter un pari jeunesse avec une jeune intérieure internationale suédoise, disponible qui, après avoir signé en Turquie en début de saison, a rompu son contrat. Regan MAGARITY, son altruisme et sa vaillance vont bien compléter notre groupe. Elle peut être une belle surprise.

Mais on a eu également deux autres blessures importantes dès le début de la reprise.

On souhaitait, pour retrouver les valeurs du club, faire signer une joueuse qui, après être passée à l’ESBVA-LM, était allée faire ses gammes en Ligue 2, c’est Lorraine LOKOKA. Elle souffre de son genou et n’a pas pu faire un entrainement. On attend impatiemment qu’elle retrouve la plénitude de ses moyens pour amener sa niaque en défense.

Ensuite, dès la reprise et les bilans cardiaques, les électrocardiogrammes ont révélé que Stecy Montabord (18 ans, 2m), qui venait de passer 3 années à l’INSEP, devait rapidement se faire opérer du coeur. Elle a subi depuis octobre 3 opérations importantes. On a décidé de montrer que l’ESBVA-LM n’était pas un club où on ne s’occupait pas des joueuses qui rencontraient des difficultés. Au contraire, sous l’impulsion du Manager Général, Christophe VITOUX, j’ai demandé un accompagnement particulier de nos dirigeants du centre de formation, de notre staff médical, et également un accompagnement d’un coach mental pour s’occuper de Stecy dans son parcours pour récupérer ses moyens physiques et pouvoir refaire du sport sans risque. C’est notre rôle et les valeurs que l’on veut développer. Stecy est une vraie Guerrière, elle mérite d’appartenir à l’ESBVA-LM. Elle en fait d’ailleurs totalement partie.

 

Crédit photo : Bièrenard Photographie

 

Quel bilan faites-vous sur le début de saison ?

En début de saison, nous avons disputé les 4 premiers matchs sur 5 à l’extérieur avec un groupe composé de 7 nouvelles joueuses. Nous avons dû faire face à des blessures et intégrer des joueuses qui, suite à ces blessures, sont arrivées progressivement. On part à l’Open le vendredi pour jouer le dimanche à 18 heures. On prend une rafale de la part de La Roche-Vendée. Même dans les attitudes sur le terrain et en dehors, on n’y était pas ! On part directement à Lyon (2 jours après) où on perd puis directement pour Tarbes où on perd de 6 pts sans être vraiment dedans. En 8 jours, sans réel entrainement à cause des trajets, on a subi 3 défaites à l’extérieur : très mauvaise entame, la pire qu’on puisse imaginer.

Depuis, il a fallu effectuer quelques recadrages sur le comportement, de la remise en question, beaucoup de travail, il n’y a que ça de vrai ! sous la houlette du coach, qui donne la direction de la victoire. Et aujourd’hui, on est revenu dans la course à l’Europe ! Car entre temps, on a décroché 4 victoires sur 6 : 1er match à domicile contre Charleville pour une victoire. Puis, 2 défaites : d’abord à Bourges en étant devant à la mi-temps et une grosse blessure de Keisha HAMPTON et de Jo GOMIS. La deuxième s’est produite à domicile contre Montpellier, qui a été très impressionnante. Et depuis, 3 victoires contre Nantes, à Charnay et récemment contre Landerneau avant la trêve où on s’est fait peur jusqu’au bout. Notre niveau se situant probablement entre le beau jeu de notre première mi-temps et celui moins percutant de la seconde.

 

Crédit photo : Bièrenard Photographie

 

Comment voyez-vous l’avenir ?

Pour l’instant, il nous manque un match complet de référence pour nous situer dans le haut du classement. Continuons de travailler avec détermination comme on l’a fait ces 2 derniers mois. Pour cela, faisons confiance à Rachid et Luba !

On est sixième à Noël, c’est d’ailleurs l’objectif pour la fin de saison à 2 points de la cinquième place et un point de la huitième. Tout reste à faire mais nous sommes toujours présents et ambitieux.

La reprise sera déterminante, avec 4 matchs à domicile sur 5, notamment ce mardi 7 janvier contre St Amand qui, la saison dernière, nous avait battu 3 fois sur 4. Méfiance donc, même si Rachid MEZIANE est pour l’instant invaincu contre le Hainaut avec la victoire en play-down de la fin de saison dernière et celle de cette saison d’un point en Coupe de France à Saint-Amand.

 

Crédit photo : Bièrenard Photographie

 

« Avec les supporters et les partenaires, on va continuer à construire notre Histoire »

Sur les derniers matchs, le public a encore été très nombreux, 1 800 spectateurs contre Landerneau dans notre enceinte du Palacium, qui se refait une beauté pour accueillir plus de supporters dans de meilleures conditions ainsi que pour les partenaires. 

Contre Landerneau justement, quelle ambiance !  Les joueuses, même dans la difficulté de la fin de match, ont été véritablement poussées par cette ferveur que les supporters leur ont transmise. Merci à eux !

Les Z’hurlants ont été une nouvelle fois générateurs d’énergie et ont joué parfaitement leur rôle de sixième joueuse.

Bertrand (Bébert pour les intimes), leur Président, en séjour en Ardèche, a fait l’aller-retour spécialement pour nous communiquer son amour du club et de ses Guerrières, Un grand merci à lui !

De même, je tiens à remercier mon comité directeur avec des personnes investies, précieuses, ayant l’ESBVA-LM dans la peau. Le comité directeur s’est d’ailleurs élargi cette saison avec des nouvelles personnes aux compétences complémentaires.

Je remercie également les Bénévoles, toujours autant sollicités qui répondent toujours présents malgré les contraintes des travaux de rénovation. C’est cela la force de l’ESBVA-LM. Merci à eux !

Quant aux partenaires du club, ils étaient pour le dernier match en décembre 450 à apporter leur soutien indéfectible, qu’ils soient partenaires publics ou partenaires privés. Ensemble, on a gagné des matchs, ensemble on en a aussi perdu et aujourd’hui ils sont toujours présents.  Notre Passé est une Force pour notre Avenir. Ensemble, on va continuer à construire notre Histoire !

Cette confiance qu’ils nous octroient est précieuse pour atteindre l’objectif de fin de saison, qui est de retrouver au plus vite la coupe d’Europe dans un Palacium rénové.

L’ESBVA-LM, depuis sa création, a toujours été une belle et grande famille et non pas seulement une équipe. Nous sommes heureux et fiers de mener ensemble, nos projets sportifs, de formation, avec notre nouveau club de partenaires : « le Cercle » qui a des beaux projets de cohésion, sociétaux.

 

Crédit photo : ESBVA-LM

 

L’ESBVA-LM, un club tourné vers la formation

Concernant la formation, nous avons lancé en début de saison, une Académie de jeunes joueuses de grandes tailles, un peu dans le principe d’une école de gardien de but dans les centres de formation de football. Elle devait être encadrée par Ann WAUTERS mais elle a choisi de poursuivre sa carrière en Turquie. Nous avons donc proposé à l’entraîneur Antonio DE BARROS, qui a formé Kariata DIABY (belle référence !) quand elle est arrivée en France, de reprendre cette mission.

Avec les blessures de Kariata (23 ans) et de Stecy (18 ans), les 2 éléments principaux sont sur le côté. Mais cette Académie est bien lancée avec d’autres jeunes joueuses de grande taille qui évoluent dans notre Centre de Formation, on la développera encore plus dans le futur. On a déjà des partenaires qui nous suivent sur ce projet (la Métropole Européenne de Lille, Mutuelle Générale notamment).

On a souhaité également renouer des liens plus importants avec le club amateur de l’ESBVA-LM et tisser plus de passerelles. Avec eux, on lancera également une opération de détection de jeunes joueuses de grande taille dans les écoles de Villeneuve d’Ascq.

Nous souhaitons plus, nous ouvrir sur la formation régionale. Nous avons passé cette saison, 11 partenariats avec des clubs du territoire. Nous avons accueilli leurs dirigeants pour leurs expliquer le projet, nous organisons des animations dans leurs clubs avec les coachs et les joueuses de notre équipe première, nous invitons ces jeunes et les mettons à l’honneur lors de nos matchs à domicile.

Rachid MEZIANE organise anime également des cessions de formation pour les entraîneurs de ces clubs.

Si on veut que l’ESBVA-LM redevienne le club phare de la région, c’est à nous d’aller dans les autres clubs et de les fédérer. Nos équipes du Centre de Formation ont, cette saison, de meilleurs résultats en U20 et surtout en U18, il faut absolument qu’on continue et qu’on sorte des joueuses qui intégreront l’équipe première, ce qui n’a jamais été fait dans le passé, excepté Hélène JAKOVLJEVIC qui est prêtée cette saison à Landerneau. Nous avons cette saison dans notre équipe, Zoé WADOUX qui est un pur produit de la formation régionale. A nous de mieux collaborer pour en sortir plus.

Je n’ai pas de regret pour le passé mais une vraie fierté qui nous rend plus fort, pas d’inquiétude pour le futur mais plein d’espoir, d’enthousiasme, beaucoup d’énergie et de passion partagées.

 En attendant, l’ensemble du club de l’ESBVA-LM vous souhaite une très bonne année 2020 et vous donne rendez-vous pour de nouvelles émotions qui, à n’en pas douter, seront encore plus belles !

 

Crédit photo en-tête : Thibaut LASSER

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